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Le projet

La Bibliothèque numérique berbère

La Bibliothèque numérique berbère (BNB) est un projet de sciences humaines qui vise à mettre à disposition d’un public de chercheurs et d’étudiants la reproduction numérique d'un ensemble d'objets culturels du monde berbère (livres, films, photographies, enregistrements sonores, à quoi il faut ajouter des enregistrements ethnographiques, des données archéologiques et des reproductions de pièces d’archives) et d’une masse multilingue d’ouvrages savants (majoritairement en français, mais dans plusieurs autres langues européennes) qui traitent des différentes facettes de la culture berbère.

Dans sa phase de préfiguration, la BNB a fait l’objet, en l’an 2000, d’un concours financier et d’une labellisation du ministère de l’Education nationale et de la Recherche (direction de la Technologie), dans le cadre du vaste programme ministériel dit « Educnet » : Voir le lien

Ce projet, au début, était porté par l’association - loi 1901 dite “La Boîte à Documents”. L’année suivante, ce sont le ministère de la Culture (Délégation générale à la langue française et aux langues de France) et le ministère des Affaires étrangères (mission pour la Coopération non gouvernementale) qui ont apporté leur contribution. Peu après le projet s'est doté d’un site Internet : Voir le lien

1. À la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord

Ensuite, le projet fut hébergé à la MSH Paris Nord avec la revue Etudes et Documents Berbères qui lui est associée. Au sein du Thème 4 / Axe 1 (« Appareils, esthétiques, arts et industries »), il est validé et soutenu par le Conseil scientifique de l’établissement en décembre 2003, puis en 2004 et en 2005 : Voir le lien

Les aspects technologiques, grâce aux croisements de connaissance avec Henri Hudrisier, maître de conférences HDR à Paris 8 et membre de l’ISO représentant l’AUF, furent des plus fructueux. Des aspects plus « sciences humaines » du projet s’y sont ajoutés donnant lieu à des résultats qualitatifs. Puisqu’aujourd’hui en partenariat avec d’autres institutions et laboratoires publics de recherche, le projet passe à une phase de développement. Les partenaires des pays du Nord associés à l’initiative :

  • Université Paris 8, UFR 3, Département Institut Maghreb-Europe.
  • Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, Axe 1, Thème 4.
  • Mairie de Saint-Denis (93).
  • Agence universitaire de la Francophonie (AUF, Paris).
  • Association internationale des informaticiens de langue française (AILF, Paris).
  • Plaine-Commune.
  • Association wiki-up
  • Cartago (Paris)

Les partenaires des pays du Sud informés de l’initiative :

  • Ecole Mohammadia d’Ingénieurs (Mohammedia, Maroc).
  • Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM, Rabat, Maroc).
  • Institut français d’Oujda (Maroc).
  • Centre national pédagogique et linguistique de l’enseignement de tamazight (CNPLET, Alger).
  • Université de Béjaïa (Béjaïa, Algérie).
  • Université de la Manouba (Tunis).

Dans cette entreprise d’envergure (encyclopédique) qu’est la constitution de cette bibliothèque, il a été commencé la numérisation de certains documents qui ont été mis en ligne. Jusqu’à la fin de l’année 2006-2007 plus 500 ouvrages et articles (allant, pour les plus anciens, de l’année 1743 à l’année 2005 pour les plus récents ; ils traitent pour la plupart de la langue et la littérature) sont sur le site. Le nombre total de pages numérisées jusqu’ici dépasse les 100.000 qui vont entrer certainement dans un protocole normalisé de numérisation et de description (et ou balisage) tant au niveau logiciel qu’au niveau matériel. Ce protocole, qui reconnaîtra tous les choix ouverts et valides, répertoriés et hiérarchisés, sera un protocole normalisé unique (sous format XML).

Il faudra ajouter que le site lui-même est hébergé au CERIMES - Centre de Ressources et d’Information sur les multimédias pour l'enseignement supérieur, un organisme public sous tutelle du CNDP et du Ministère de l’Education nationale.

2. Début de reconnaissance institutionnelle

La BNB a fait l’objet dans son versant citoyen (en intitulant contextuellement le projet Vue grand public d’une bibliothèque savante) d’une proposition dans le cadre d’un appel émanant de la Région Île-de-France, appel dénommé PICRI (Partenariats Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation). Au final, le projet a retenu l’attention des collectivités territoriales (Mairie de Saint-Denis, Plaine-Commune).

Le but de l’action est de vulgariser la culture scientifique vers le grand public, et plus particulièrement vers les catégories des citoyens qui en sont exclus. Et, de manière collatérale, l’un des objectifs de l’action est la promotion de la culture numérique des immigrés qui ne saurait se faire sans l’implication de la société d’accueil et des principaux intéressés, à savoir les immigrés eux mêmes dans la dite action. Il n’est pas du tout hors de propos de prolonger l’action vers les citoyens du Sud, dont la problématique en termes d’inclusion numérique est similaire et convergente avec celle des migrants pour le Nord.

Dans la continuité des actions engagées, depuis 2002, le projet s’inscrivant dans la visibilité et la reconnaissance institutionnelle a développé un volet “citoyen” qui a intéressé les pouvoirs publics. De ce fait, la BNB a pu être labellisée, l’année 2008, d’abord par l’Unesco dans le cadre de « 2008, Année internationale des langues » et il figure parmi les projets sélectionnés par l’organisation internationale : Voir le lien

Ensuite, le ministère de la Culture dans le cadre de « 2008, Année européenne du dialogue interculturel » accorda au projet une deuxième labellisation : Voir le lien

En tant que chef de projet de la BNB, Ouahmi Ould-Braham vient d’être admis, en octobre 2008, comme membre du comité de DIGITAFRICA, un réseau de chercheurs travaillant sur la numérisation des patrimoines culturels matériels et immatériels africains (définition de l'Unesco). Cette organisation est financée par le Ministère français des affaires étrangères et appuyée par l’AUF : Voir le lien

3. De la BNB au projet « Apulée »

À côté de la version « Bibliothèque grand public » de la BNB, il y a le besoin pour des équipes de chercheurs berbérisants de créer, gérer et diffuser des ressources numériques (données et outils pour les traiter) à destination de la communauté scientifique. Il ne s’agira pas seulement de constituer ici des archives de documents, mais de ressources en général (c’est-à-dire de données, de corpus et d’outils pour les produire, les gérer, les modifier). L’un des objectifs est d’inscrire une telle démarche dans des réseaux ouvrant aux différents membres des données et de mutualiser différentes compétences dans le domaine des corpus et de forger des outils documentaires durables. Tout en garantissant l’accès aux données, leur gestion et leur diffusion se fera dans des conditions juridiques correctes. En outre, la production, la validation et la diffusion de ressources respecter d’autres principes essentiels (respect des normes reconnues sur le plan international, logiciel libre, code source accessible…).

De là, le projet dénommé « Apulée » est né, évoluant vers un prototype de plateforme numérique, innovante, ouverte et interopérable, pour la réalisation d’une base de connaissances multilingues (articles scientifiques, production pédagogiques, production éditoriale, images fixes et animées, enregistrements sonores,..) sur les civilisations berbères, alimentée par des institutions scientifiques et culturelles nationales et internationales, des chercheurs et des contributeurs indépendants. La plateforme a retenu l'intérêt des institutions maghrébines (CNPLET, université de Tizi-Ouzou, d’Alger, Ecole Mohammadia d’ingénieurs au Maroc,..) qui comptent y apporter leur contribution. Si l’accès du grand public à la BNB actuelle est difficile car l’indexation et les critères de recherche sont établis en vue d’objectifs « savants » la plateforme « Apulée » visera à développer une version grand public de la bibliothèque numérique.

4. De la mise à niveau du site et des outils

L’évolution rapide des NTIC et de la Toile fait que le site dédié à la BNB, ainsi que les outils qui l’accompagnent, doivent être redéfinis et être en adéquation avec la nouvelle donne. L’année 2009, la Région Île de France fut l’une des rares instances publiques à avoir une politique de soutien à l’innovation et à accompagner des projets citoyens. Une fois approchée, cette collectivité territoriale a trouvé un intérêt certain pour le projet qu’elle souhaiterait voir se développer. Comme il s’agissait d’un dispositif qui visait à aider plutôt le secteur associatif, le portage a été assuré par l’Association Alliance Cartago, dont les membres sont des amis du projet de la BNB (Henri Hudrisier, le président de cette œuvre, Jean Michel Borde, Alain Vaucelle,…).

L’alliance Cartago est une association des experts internationaux en charge du développement des normes ISO/CEI du sous-comité SC36 du JTC 1. Fondée à la suite du forum du sommet mondial de l’information WSIS de Tunis, en octobre 2005. L’objet de la normalisation de ce groupe de travail est d’éviter les appropriations indues des ressources pédagogiques et de leurs contenus par les sociétés, de bonne foi, qui développent matériels et produits pédagogiques. L’enjeu ici est de laisser la libre souveraineté aux états sur la nature des contenus d’enseignements :Voir le lien

La Région Île de France accorda pour l’année 2010-2011 une aide appréciable. Le projet lui-même, dans sa nouvelle version, s’inspire des recommandations faites suite aux colloques de Tipaza de 2008 et 2009 : il s’agirait de donner la dimension d’archives ouvertes OAI aux ressources culturelles d’expression berbère, écrite ou orale. Cet effort s’inscrit également dans le cadre des rapprochements avec l’IRCAM (Institut royal de la Culture amazighe, Rabat) et des relations avec Monsieur le recteur Boukouss sur le sujet. L’Alliance Cartago profitant de ses implications précises dans le domaine de la normalisation a souhaité mettre au point une plate-forme pédagogique commune de ressources partageables. Cet effort concrétisé est en passe devenir payant avec la démonstration d’une base de données en ligne conforme aux spécifications Dublin Core.

MOTS CLEFS

Bibliothèque numérique, études berbères, indexation, corpus savant, corpus culturels, poésie, musique, chanson, gloses, commentaires, culture populaire, culture savante.